Cette semaine, j'ai fait quelque chose que je n'aurais pas cru possible il y a un an : j'ai regardé une IA paramétrer ma campagne de publicité Meta, pendant que je ne touchais à rien.
Pas « écrire les textes de la pub ». Pas « me conseiller un budget ». Non : ouvrir le gestionnaire de publicités, cliquer dans les menus, choisir les options, remplir les champs, passer d'un écran à l'autre. Tout le parcours, celui qui décourage la plupart des indépendants au bout de dix minutes, parce que c'est une vraie machine à gaz.
Moi, j'étais devant l'écran, à regarder le curseur se déplacer tout seul. Exactement comme dans une voiture autonome, la première fois qu'on lâche le volant. Le cœur bat un peu, la main reste à dix centimètres au cas où, et puis on regarde la route.
Ce que j'ai vu ce soir-là a un nom : le computer use, ou « usage de l'ordinateur ». Et si tu n'es pas du tout technique, c'est probablement la nouveauté qui va le plus changer ta vie dans les deux ans qui viennent. Je t'explique pourquoi, sans jargon.
🖱️ Le computer use, c'est quoi ?
Jusqu'ici, pour qu'une IA fasse quelque chose dans un logiciel, il fallait une prise spéciale : un branchement technique entre l'IA et le logiciel, que quelqu'un comme moi devait installer. Sans cette prise, l'IA pouvait te parler du logiciel, mais pas s'en servir.
Le computer use supprime la prise. L'IA se sert de l'ordinateur comme toi : elle regarde l'écran, elle voit les boutons, elle déplace la souris, elle clique, elle tape au clavier, elle fait défiler la page, elle lit ce qui s'affiche et elle continue.
En une phrase : avant, il fallait brancher l'IA au logiciel ; maintenant, elle s'assoit devant l'écran et elle l'utilise.
La différence entre une IA qui te conseille et une IA qui clique, c'est la différence entre un ami qui te dit quoi faire au téléphone et un ami qui vient le faire chez toi.
Et ce détail, qui a l'air d'un détail d'ingénieur, change absolument tout pour les gens qui ne sont pas ingénieurs. Parce que le nombre de logiciels avec une « prise spéciale » est petit. Le nombre de logiciels avec des boutons à l'écran, lui, est infini.
🧾 Ce soir-là, écran par écran
Je te raconte le déroulé, parce que c'est là que ça devient concret.
Si tu as déjà ouvert un gestionnaire de publicités, tu sais de quoi je parle. Ce n'est pas un écran : c'est une succession d'écrans, avec à chaque fois un vocabulaire maison, des options imbriquées, des réglages avancés repliés quelque part, et la sensation permanente que tu vas cocher la mauvaise case et dépenser de l'argent pour rien.
Ce soir-là, je n'ai rien cliqué. J'ai décrit ce que je voulais, avec mes mots, comme je l'aurais expliqué à quelqu'un au téléphone. Et j'ai regardé le curseur partir : ouvrir la bonne page, aller chercher le bon onglet, remplir un champ, faire défiler, revenir en arrière quand ce n'était pas le bon endroit, et continuer.
C'est ce retour en arrière qui m'a le plus marqué, en fait. Ce n'est pas un robot qui applique une recette apprise par cœur. C'est quelqu'un qui regarde l'écran, constate que ce n'est pas la bonne page, et se corrige. Comme toi quand tu cherches une option dans un logiciel que tu connais mal.
Ma part du travail, dans cette histoire, s'est réduite à deux choses : dire ce que je voulais, et valider à la fin. Le dernier clic, celui qui engage de l'argent, je l'ai gardé pour moi. Et je te dirai plus loin pourquoi ce n'est pas un détail.
🚗 La comparaison qui aide : la voiture autonome
Si tu veux une image juste, prends celle de la voiture qui se conduit toute seule.
Pendant longtemps, on t'a proposé des aides : le régulateur de vitesse, l'aide au stationnement, le freinage d'urgence. Utile, mais tu conduisais. C'était l'IA « qui te conseille ».
Le computer use, c'est le moment où tu dis la destination et où tu enlèves les mains du volant. La voiture regarde la route, tourne, freine, se gare. Toi, tu es toujours là, tu regardes, tu peux reprendre la main à tout moment. Mais tu ne conduis plus.
Et comme dans une voiture autonome, il y a trois choses qu'on ressent dans cet ordre. D'abord l'inconfort : on n'ose pas regarder ailleurs. Ensuite l'étonnement : ça marche, vraiment. Enfin, une question toute bête, qui est la bonne : qu'est-ce que je fais de ce temps-là, maintenant ?
🧩 Pourquoi c'est un game changer si tu n'es pas technique
Voilà le cœur de l'affaire, et c'est une bonne nouvelle pour les profils non techniques.
Depuis trente ans, l'informatique fonctionne à l'envers : c'est à toi de t'adapter au logiciel. Tu dois apprendre où se cachent les menus, comprendre le vocabulaire de l'éditeur, retenir le chemin exact pour faire une action que tu fais trois fois par an. Si tu te trompes, c'est toi qui es « mauvais en informatique ».
Le computer use renverse la charge. Tu dis ce que tu veux, avec tes mots de métier, et quelqu'un d'autre se débrouille avec les menus. Tu n'as plus à connaître le logiciel. Tu as juste à savoir ce que tu veux obtenir.
🎯 Concrètement, ça veut dire que tu n'as plus besoin de :
→ Retenir dans quel sous-menu se trouve l'option que tu cherches
→ Suivre un tutoriel de 20 minutes pour une action de 2 minutes
→ Payer une formation pour un outil que tu utiliseras six fois dans l'année
→ Attendre qu'un développeur « branche » ton logiciel pour l'automatiser
→ Renoncer à une idée parce que l'interface t'a découragé
Ce dernier point est le plus important, et personne n'en parle. Combien de projets meurent, chez les indépendants, non pas parce qu'ils étaient mauvais, mais parce que l'écran était trop compliqué et qu'on a remis ça à plus tard ? Ma campagne Meta, je l'avais repoussée plusieurs fois pour exactement cette raison.
🐢 Oui, c'est encore lent. Et ça n'a aucune importance
Je ne vais pas te vendre du rêve : aujourd'hui, c'est lent. L'IA cherche, elle réfléchit avant de cliquer, elle se trompe parfois de bouton et revient en arrière. Là où tu aurais mis deux minutes en connaissant l'outil, elle en met dix.
Mais regarde bien ce que je viens d'écrire : là où tu aurais mis deux minutes en connaissant l'outil. Si tu ne le connais pas, tes deux minutes deviennent une heure de recherche, d'énervement, et parfois d'abandon.
Et surtout, la lenteur, c'est le problème qui se règle toujours le plus vite. Les premiers téléchargements d'une chanson prenaient vingt minutes. Les premières pages web mettaient une minute à s'afficher. Personne n'a jamais gagné un pari en misant sur le fait qu'une technologie resterait lente.
La question n'est pas « est-ce que c'est rapide aujourd'hui ». La question est « est-ce que ça marche déjà, et est-ce que ça accélère ».
Les deux réponses sont oui. C'est pour ça que je t'en parle maintenant et pas dans un an : quand ce sera rapide, ceux qui auront déjà pris l'habitude auront un temps d'avance qui ne se rattrape pas en une semaine.
🎬 Ce qu'on peut déjà lui confier
Voilà, très concrètement, le genre de travail qu'un ordinateur piloté par une IA peut prendre aujourd'hui. Ce ne sont pas des promesses de conférence, ce sont des tâches que je vois tourner.
Tout ce qui est long, répétitif et fait de clics. Mettre en ligne des vidéos une par une avec leur titre, leur description et leur miniature. Remplir un tableau à partir de dix factures. Reprendre cinquante fiches produit pour changer un prix. Récupérer des informations éparpillées sur plusieurs sites et les ranger au même endroit.
Tout ce qui demande de traverser un logiciel compliqué. Paramétrer une campagne publicitaire, comme je l'ai fait. Configurer un outil que tu n'ouvres que deux fois par an. Naviguer dans un espace administratif dont les menus ont été pensés par quelqu'un qui ne fait pas ton métier.
Et bientôt, tout ce qui est créatif et fastidieux à la fois. Le montage d'une vidéo à partir de tes rushes, la mise en ligne sur ta chaîne, le découpage en extraits courts. Ce sont des logiciels avec des boutons : donc, par définition, des logiciels qu'une IA peut apprendre à utiliser.
Tu remarqueras le point commun de toute cette liste : ce n'est jamais ton métier. C'est la couche de clics qui s'est déposée par-dessus.
🚧 Ce qu'il ne faut pas lui laisser faire
Maintenant, la partie que les vendeurs d'enthousiasme oublient toujours, et qui est pourtant celle qui compte quand on installe ça chez de vraies personnes.
Une IA qui clique a, par définition, les mêmes pouvoirs que toi devant ton écran. Donc on ne la laisse pas seule n'importe où.
Rien qui paie, rien qui publie, rien qui supprime, sans un humain qui valide. C'est ma règle de base. L'IA prépare, elle montre, tu valides. Sur ma campagne, j'étais devant l'écran du début à la fin, et le dernier clic, celui qui lance et qui engage de l'argent, c'est un humain qui le fait.
Pas de mots de passe donnés à l'aveugle. On travaille dans un cadre défini, sur les comptes prévus pour ça, jamais dans le désordre général de ta vie numérique.
Et on regarde, au moins les premières fois. Pas par méfiance : pour apprendre où elle se trompe, et pour savoir ce qu'on peut lui lâcher ensuite. C'est exactement ce qu'on fait avec un nouveau collègue compétent : on ne le surveille pas, on l'accompagne deux fois.
🌱 Par où commencer, sans t'épuiser
Tu n'as pas besoin d'installer quoi que ce soit ce matin. Tu as besoin de repérer la bonne première tâche. Voilà comment je m'y prendrais à ta place.
Première marche : repère la tâche que tu remets toujours à plus tard. Pas la plus urgente : celle que tu repousses parce que l'écran te décourage. C'est le meilleur candidat, parce que c'est là que le blocage n'est pas toi, c'est l'interface.
Deuxième marche : décris-la comme tu la décrirais à un stagiaire. « Tu ouvres ce site, tu vas dans cet onglet, tu prends les commandes de la semaine, tu les mets dans ce tableau. » Si tu sais l'écrire, c'est faisable.
Troisième marche : regarde-la se faire, une fois. Une seule. Tu verras tout de suite ce qui coince, ce qui va vite, et surtout tu changeras d'avis sur ce que « l'IA » veut dire. C'est un moment qu'il faut vivre, pas lire.
Et si tu bloques à la première marche parce que tout te semble compliqué, c'est normal, et c'est exactement pour ça que ce métier existe. Mon travail, c'est de regarder ta semaine et de te dire quelle est la première chose à confier.
🤍 Ce que je voudrais que tu retiennes
Si tu ne dois garder qu'une poignée de phrases de cet article, ce sont celles-ci :
- Le computer use, c'est une IA qui se sert de l'ordinateur comme toi : elle voit l'écran, elle clique, elle tape
- Avant, il fallait brancher l'IA au logiciel ; maintenant, elle s'assoit devant l'écran et elle l'utilise
- C'est le moment où on lâche le volant : tu donnes la destination, tu gardes la main, tu ne conduis plus
- Le vrai cadeau est pour les profils non techniques : tu n'as plus à connaître le logiciel, juste à savoir ce que tu veux
- J'ai laissé Claude paramétrer ma campagne publicitaire Meta de bout en bout, et je l'ai regardé faire
- Oui, c'est encore lent. La lenteur est le problème qui se règle toujours le plus vite
- Ce qu'on lui confie : les clics longs et répétitifs, les logiciels compliqués, bientôt le montage et les mises en ligne
- Ce qu'on ne lui laisse pas : payer, publier, supprimer sans un humain qui valide
- Commence par la tâche que tu remets toujours à plus tard parce que l'écran te décourage
🛩️ Et maintenant ?
Je repense souvent à ce soir-là, devant mon écran, à regarder le curseur bouger sans moi. Ce n'était pas de la magie, et ce n'était pas effrayant non plus. C'était juste quelqu'un d'autre qui faisait la partie pénible, pendant que je regardais.
Pour un indépendant, un artisan, un thérapeute, un commerçant, c'est une promesse simple : les interfaces compliquées ne sont plus ton problème. Tu peux revenir à ce que tu sais faire, et laisser les menus à quelqu'un dont c'est le talent de les traverser.
Si tu veux qu'on regarde ensemble ce que ça donnerait dans ta semaine, dis-le à mon double IA, juste en dessous : il t'écoute, et quand c'est le bon moment, c'est lui qui pose le rendez-vous de 30 minutes avec moi, gratuit et sans engagement.
Bien à toi,
Julien
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