Tu as ouvert ChatGPT un soir, après ta dernière séance. Le curseur clignote dans la case vide. Tu ne sais pas trop quoi lui demander, alors tu tapes une question au hasard, tu lis une réponse un peu générique, et tu refermes. Le lendemain, tu vois passer une vidéo : « Le nouveau modèle qui change tout ». Puis une autre. Et une petite voix te souffle que tu es déjà en retard.
Si tu te reconnais, respire. Utiliser l'IA, quand on a une petite activité, c'est confier à un assistant une tâche que tu as d'abord clairement définie, plutôt que de passer tes soirées à apprendre des outils. On ne commence pas par l'outil : on commence par ce qui te pèse.
Fin septembre, j'ai posé quelques questions à mes abonnés sur leur usage de l'IA. Personne ne disait qu'elle ne servait à rien. Tout le monde sentait qu'il y avait quelque chose à prendre. C'était la mise en place qui coinçait.
Dans cet article, je reprends ce que j'ai partagé dans un live de Creator Serenity consacré à ce sujet : comment utiliser l'IA pour alléger ta charge mentale, et non pour en ajouter une couche de plus.
😮💨 Quand l'IA devient une charge de plus
C'est un drôle de paradoxe. On nous présente l'IA comme un moyen de gagner du temps, et pour beaucoup d'indépendants, elle commence par en prendre : choisir une application, comprendre les abonnements, suivre les nouveautés. Une liste de plus dans une tête déjà pleine.
Dans mon questionnaire, sur huit réponses, quatre personnes cochaient « pas le temps de m'y mettre », quatre « peur pour mes données », trois « ça change trop vite », et deux « je ne sais pas par où commencer ». Huit réponses, c'est un signal, pas une statistique. Et en live, quand j'ai demandé qui allait vers l'IA un peu à reculons, des mains se sont levées.
En live, je l'ai dit avec mes mots : « souvent le stress vient du fait que vous n'avez pas de connaissances où vous êtes dans le flou ». Quand tout bouge en même temps, le cerveau sonne l'alarme, et on finit par tout repousser.
La bonne nouvelle, c'est que ce flou se dissipe très vite quand on change de point de départ. Tu n'as pas besoin de comprendre l'IA pour bien l'utiliser, seulement de savoir ce que tu veux qu'elle fasse.
🎯 Utiliser l'IA commence par la tâche, pas par l'outil
C'était le fil rouge de ce live, et je l'ai résumé ensuite ainsi pour la communauté : « Votre travail, c'est de savoir où vous allez. La technique, c'est le sien. »
Concrètement, avant d'ouvrir la moindre application, pose-toi une seule question : où est-ce que je passe le plus de temps, et qu'est-ce qui m'épuise ? En live, je parlais de goulot d'étranglement : cette tâche un peu pénible qui bloque tout le reste et qui revient sans cesse sur ta liste.
Une participante nous a partagé la sienne. Après chacun de ses lives, elle voulait envoyer un support à ses participants, sans jamais réussir à le mettre en forme. On a commencé par trier. La mission principale, c'était de transmettre clairement le contenu du live aux personnes qui l'avaient suivi. La mise en couleurs venait ensuite, en bonus. « Si c'est beau tant mieux », lui ai-je dit, et c'était déjà beaucoup plus léger.
Et à un moment, elle a eu cette phrase très juste : « jusqu'à présent j'utilisais l'IA pour qu'elle me donne des idées, qu'elle me dise comment faire, alors que là, c'est à moi de dire à l'IA ce que je veux qu'elle fasse ». Tout est là. Tu restes la personne qui sait où elle va. L'IA s'occupe du chemin.
Ce n'est pas à toi de savoir comment faire techniquement les choses. C'est à toi de savoir où tu veux emmener ton IA.
🔁 La tâche qui revient chaque semaine
Si tu ne sais pas laquelle choisir, regarde du côté de ce qui revient. Dans le questionnaire, sept personnes sur huit voulaient la même chose : automatiser leurs tâches qui reviennent. Ce n'est pas un hasard. Ce sont elles qui grignotent tes semaines sans que tu t'en rendes compte.
Voici ce qu'elles citaient, avec leurs mots, que je résume : rédiger leurs contenus, trier leurs mails, préparer leurs mails commerciaux, créer et mettre à jour leurs supports de formation, faire leurs factures, et même ranger leur ordinateur. Peut-être que tu te reconnais dans une ou deux lignes. Ce sont des tâches que personne n'a envie de faire le dimanche soir.
Mon conseil tient en une phrase, celle que j'ai écrite à mes abonnés cet automne : commence par ce qui te pèse le plus en ce moment. « Une seule réalisation, jusqu'au bout, et tu sentiras la différence tout de suite. »
Une seule, oui. Quand une tâche est vraiment réglée, elle libère de la place dans ta tête, et ce soulagement donne envie de passer à la suivante. Ouvrir dix pistes à moitié, c'est exactement ce qui fabrique de la charge mentale.
🗣️ Utiliser l'IA à la voix, plutôt qu'au clavier
C'est le petit changement qui fait la plus grande différence. Comme je l'expliquais, on parle en moyenne autour de 150 mots par minute à l'oral, et on écrit à peu près 50 mots par minute au clavier quand on est déjà un peu rapide. Trois fois plus vite, et sans chercher ses mots.
Les applications comme ChatGPT ou Claude proposent la dictée : tu appuies sur le micro, tu parles comme à une collègue, et ta voix devient du texte. Tu peux hésiter, revenir en arrière, te répéter. L'IA remet de l'ordre derrière toi.
C'est d'ailleurs comme ça que je travaille pour Creator Serenity. J'enregistre le live, il est transcrit en texte, et à partir de ce texte, l'IA me prépare le titre, le chapitrage des moments clés, le message pour la communauté et le post pour les réseaux. L'audio devient du texte, et le texte devient un support, un mail, une page. Ce que je mettais des heures à faire, je peux aujourd'hui le déléguer.
Pour toi, ça peut être un vocal de trois minutes en sortant d'une séance, dont l'IA fait un post ou une réponse à un client. Tu racontes, elle met en forme.
🧑🎓 Parle-lui comme à un stagiaire plein de bonne volonté
Une personne m'a demandé pendant le live : « où j'ai le plus de mal, c'est à savoir comment lui demander les choses ». Je la comprends très bien. Et la réponse est beaucoup plus humaine qu'on ne l'imagine.
Je l'ai formulée comme ça : « vous avez un stagiaire assez compétent qui a envie d'apprendre ». Il ne connaît pas encore ton univers, mais il est plein de bonne volonté. Tu ne lui parles pas avec des formules magiques. Tu lui expliques le but, pour qui c'est, et ce que tu veux obtenir à la fin.
Par exemple : « Je veux une page qui présente mon accompagnement en trois séances. Les personnes qui la lisent doivent comprendre tout de suite ce que je fais, et pouvoir me contacter facilement. » Si tu ne connais pas les termes techniques, ce n'est pas grave. Dis ce que la personne doit ressentir et ce qu'elle doit pouvoir faire. L'IA trouve le reste.
Deux habitudes rendent ce stagiaire de plus en plus précieux. La première : donne-lui ce que tu as déjà. Une page de vente, ton site, d'anciens textes. Il comprend ta démarche bien plus vite qu'avec de longues explications. La seconde : dis-lui quand ça ne te va pas. « Tes textes sont trop longs », « mets plus d'émojis ». Ces outils gardent de plus en plus ces préférences en mémoire, et finissent par travailler à ta manière.
🧩 Un seul outil, pas dix
Une grande partie de la charge mentale autour de l'IA vient du trop-plein d'outils. Chaque semaine, une nouvelle application, un nouveau modèle, une nouvelle promesse. Si tu essaies de tout suivre, tu passes ton temps à comparer au lieu d'avancer.
En live, mon invitation était claire : n'utiliser qu'un seul outil d'IA, « voire deux en fonction de vos utilisations », et mettre de côté toutes les nouveautés qui passent. ChatGPT ou Claude, peu importe au départ. ChatGPT a une version gratuite, avec ses limites, qui est une étape tout à fait honorable. De mon côté, je travaille surtout avec Claude, et je garde ChatGPT pour créer des images. J'y consacrerai un article entier en novembre.
Le choix compte moins que la régularité. Un outil que tu utilises un peu chaque semaine te connaîtra bien mieux que trois outils ouverts une fois par mois. Et toi aussi, tu le connaîtras mieux, ce qui enlève beaucoup d'appréhension.
🌱 Par où commencer sans t'y perdre
Pas besoin d'une formation de trois mois pour faire le premier pas. Voici trois marches, à ton rythme.
🎯 Trois marches pour utiliser l'IA sans t'alourdir :
→ Note ce qui revient et te pèse. Pendant une semaine, écris chaque tâche répétitive qui te fatigue. À la fin, entoure celle qui t'agace le plus.
→ Raconte-la à voix haute à ton IA. Ce que tu fais aujourd'hui, pour qui, et ce que tu voudrais obtenir à la fin. Trois minutes de dictée suffisent.
→ Va jusqu'au bout d'une seule réalisation. Corrige, ajuste, recommence. Quand elle est réglée, et seulement là, passe à la suivante.
Si la peur pour tes données te freine, commence par une tâche sans données sensibles : un post, une page de présentation, un support d'atelier. Tu verras ce que l'outil sait faire avant de lui confier davantage. Et quand c'est possible, je conseille de privilégier des partenaires français, pour que les données restent plus près de chez nous.
Il y a aussi un effet très concret. Quand l'IA prépare le premier jet, la procrastination saute. En live, je le disais ainsi : « la procrastination, elle se casse très vite si on commence la tâche ». Corriger un brouillon qui existe déjà, c'est mille fois plus doux que de partir d'une page blanche.
🌿 Tu n'as pas à tout suivre
Je voudrais terminer par quelque chose d'important. Tu n'as pas raté le train. Il n'y a pas de train. Il y a toi, ton activité, et quelques tâches qui pourraient devenir plus légères.
Dans un autre live, j'ai dit une phrase que je te redis ici : « rien ne presse, même si vous avez l'impression que le monde va à une vitesse accélérée ». Les outils vont continuer à changer, les noms des modèles aussi. Ce qui ne change pas, c'est ta capacité à savoir ce dont tu as besoin. C'est elle qui fait la différence, bien plus que la dernière nouveauté.
Et le temps que tu récupères, rends-le à ce qui compte : tes clients, ta créativité, ton repos. L'IA n'est pas là pour que tu travailles plus. Elle est là pour que tu respires un peu mieux.
❓ Questions fréquentes
Comment utiliser l'IA quand on est entrepreneur et qu'on manque de temps ?
Commence par une seule tâche qui revient chaque semaine et qui te pèse : un post, un mail récurrent, un support d'atelier. Décris-la à voix haute à ton IA, avec le but et le résultat attendu, puis va jusqu'au bout avant d'en ouvrir une autre.
Peut-on utiliser l'IA gratuitement ?
Oui. ChatGPT propose une version gratuite, avec des limites d'usage et moins de mémoire. C'est une bonne première étape pour tester sur tes vraies tâches avant de décider si un abonnement vaut le coup pour ton activité.
Faut-il savoir écrire des prompts pour utiliser l'IA ?
Non. Parle-lui comme à un stagiaire de bonne volonté : explique le but, pour qui c'est, et ce que tu veux obtenir. Donne-lui des exemples de ce que tu as déjà fait, et dis-lui ce qui ne te convient pas. La dictée vocale rend tout ça beaucoup plus naturel.
ChatGPT ou Claude : lequel choisir pour commencer ?
Choisis-en un, voire deux, et tiens-t'y quelque temps. Les deux savent rédiger, résumer et créer des pages. Le plus important est la régularité : un outil utilisé chaque semaine apprend tes préférences et te fait gagner bien plus de temps.
L'IA peut-elle vraiment alléger la charge mentale ?
Oui, à condition de lui confier des tâches précises plutôt que de chercher à tout suivre. Quand elle prépare le premier jet d'un mail, d'un post ou d'un support, il ne te reste qu'à corriger, ce qui enlève une bonne partie de la fatigue et de la procrastination.
🤍 Ce que je voudrais que tu retiennes
Si tu ne dois retenir qu'une poignée de phrases de cet article, ce sont celles-ci :
- Utiliser l'IA commence par la tâche, jamais par l'outil
- Ton travail, c'est de savoir où tu vas ; la technique, c'est le sien
- Choisis la tâche qui revient et qui te pèse le plus en ce moment
- Une seule réalisation, jusqu'au bout, avant d'en ouvrir une autre
- Parle à ton IA : à la voix, tu vas environ trois fois plus vite qu'au clavier
- Explique-lui le but comme à un stagiaire plein de bonne volonté, et donne-lui ce que tu as déjà
- Un seul outil, voire deux, et tu mets de côté les nouveautés qui défilent
- Le premier jet de l'IA casse la procrastination : corriger est plus doux que partir de zéro
- Rien ne presse : tu n'as pas raté le train
🎬 Apprends-le avec moi dans Creator Serenity
Si tu as envie d'avancer avec l'IA pas à pas, sans te sentir seule ni seul devant l'écran, je t'attends dans Creator Serenity. C'est ma formation à l'année, et elle est gratuite jusqu'au 31 décembre 2026.
Un jeudi sur deux, on se retrouve en live pour parler d'IA, d'outils et de stratégie. Et dans la bibliothèque des replays, tu retrouves le live dont je t'ai parlé ici, « Comment utiliser l'IA sans augmenter sa charge mentale », avec son chapitrage.
Sources : live Creator Serenity du 3 septembre 2026, « Comment utiliser l'IA sans augmenter sa charge mentale » (vitesse de la voix et du clavier, citations) · questionnaire envoyé à mes abonnés fin septembre 2026, 8 réponses (tâches et freins) · ma newsletter d'octobre 2026.
Bien à toi,
Julien
Sois le premier à commenter cet article.